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Le logement face aux risques climatiques croissants

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Il y a ceux qui sont réveillés par le bruit d’un moustique… et puis il y a Léa, à Lyon, tirée du sommeil par les 31°C que son logement affiche un soir de septembre. Il y a Roméo qui joue sur la balançoire suspendue au cerisier de ses grand-parents et Jeanine, sa mamie, qui le regarde en songeant amèrement qu’il faudra abattre l’arbre déséquilibré par la dernière tempête. Il y a aussi Karim et Jasmine qui n’osent plus inviter leurs amis dans leur maison fissurée par le retrait-gonflement des argiles depuis quatre ans. Ou bien Philippe dont la supérette de centre-bourg a été inondée trois fois ces dix dernières années, un gouffre financier.

Si ces anecdotes vous rappellent votre propre histoire, vous faites partie des 86 % de Français déjà touchés par un aléa climatique chez eux, et probablement des 75 % qui constatent leur multiplication(1). La météo ne frappe plus à la fenêtre : elle s’invite directement dans nos intérieurs. D’après le Baromètre(1) que viennent de publier l’association Qualitel et l’Ipsos dont viennent ces chiffres, la canicule est, de tous les aléas, le plus ressenti en France. En effet, toutes les régions et toutes les typologies de logements sont exposés (quoiqu’à des degrés divers) à l’augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des vagues de chaleur estivales. Viennent ensuite la sécheresse, la grêle, les tempêtes, les vagues de froid et les inondations. Pour faire face, ce sont les solutions les plus artisanales qui dominent encore : serviettes mouillées sur les fenêtres face à la chaleur, récupérateurs d’eau contre la sécheresse, batardeaux improvisés contre les inondations… On fait comme on peut.

Et pour cause, les habitant.e.s et les collectivités sont de plus en plus livrées à eux-mêmes en raison du désengagement progressif des assurances. D’après le rapport Impact du changement climatique sur l’assurance à l’horizon 2050(2) (France Assureurs), le coût cumulé des sécheresses, inondations et tempêtes sur la période 2020-2050 s’élèvera à 193 milliards d’euros, contre 101,8 milliards d’euros entre 1989 et 2019. Et c’est sans compter sur le retrait-gonflement des argiles, un risque encore largement sous-estimé. D’après le Baromètre Qualitel, 15% des Français.e.s estiment qu’ils seront davantage touchés par les inondations à l’avenir, loin de la hausse de 39% à 161% selon les régions d’ici 2050 annoncée dans le rapport Maisons Fissurées(3) de Conséquences. Le coût annuel de ce risque, qui oscille actuellement autour d’un milliard d’euros, pourrait s’élever à 7 milliards d’euros en 2050.

Puisqu’un risque est défini par sa probabilité d’occurrence et le potentiel des dommages qu’il occasionne, les assurances sont perdantes sur les deux tableaux à cause du dérèglement climatique : elles doivent couvrir des dommages de plus en plus importants et de plus en plus récurrents. C’est pourquoi elles s’efforcent de se désengager, comme l’illustre le débat sur le retrait du risque argileux du régime d’assurance CatNat.

En dépit du coût colossal de l’adaptation ou de la réparation des logements impactés que se rejettent mutuellement les les assurances, les propriétaires et les pouvoirs publics, les risques naturels restent étonnamment peu présents dans les débats politiques et même dans les réflexions qui précèdent l’acquisition d’un bien immobilier. Si un nombre croissant de Français.e.s se voient contraints de déménager d’ici 20 ans à cause des aléas climatiques (notamment les plus jeunes), seuls 30% déclarent s’être interrogés sur les risques naturels au moment de l’acquisition de leur logement.

Autrement dit, les aléas climatiques sont de plus en plus présents, mais les assurances et les propriétaires ne semblent pas prêts aux conséquences. C’est au cœur de ce paradoxe que l’agence Écologie Urbaine & Citoyenne intervient. Au delà de nos missions d’accompagnement sur la résilience, nous disposons d’un groupe de travail interne afin de perfectionner notre expertise de la prise en compte des risques naturels dans l’aménagement. Nous y avons notamment développé une méthode de diagnostic des risques, ainsi qu’un éventail de réponses appropriées aux enjeux liés notamment à la canicule, aux inondations et au retrait-gonflement des argiles. Notre mission ? Accélérer l’adaptation, éclairer les choix, accompagner les territoires en :
– Aidant les collectivités à intégrer les risques climatiques dans leurs politiques d’habitat et d’aménagement.

– Produisant et en diffusant des connaissances accessibles, pour que chaque habitant, chaque famille, puisse comprendre les risques auxquels son logement est exposé et agir en conséquence.

– Encourageant les solutions concrètes : rénovations avec des solutions passives, diagnostics d’exposition aux aléas, outils d’aide à la décision pour les projets urbains.

La bonne nouvelle, c’est que rien n’est joué d’avance. Les Français ne sont pas condamnés à subir la météo comme une fatalité. Des solutions structurelles existent, que ce soit à l’échelle de l’aménagement (îlots de fraîcheur, végétalisation, désartificialisation) ou de la construction (rénovations passives, bioclimatisme). La sensibilisation progresse, et l’enjeu est d’intégrer les risques climatiques non plus comme une contrainte individuelle, mais comme une donnée essentielle pour mieux concevoir l’habitat et bien vivre en ville. C’est ainsi que le logement (re)deviendra un refuge et non la scène d’un combat perdu d’avance contre le climat et l’environnement.

(1) “Aléas climatiques & logement – Ce que les Français vivent, redoutent et attendent” https://www.qualitel.org/uploads/brochure-barometre-2025.pdf
(2) “Impact du changement climatique sur l’assurance à l’horizon 2050” https://www.franceassureurs.fr/wp-content/uploads/2022/09/vf_france-assureurs_impact-du-changement-climatique-2050.pdf
(3) “Maisons fissurées – 20 millions de français exposés, beaucoup plus à l’avenir” https://consequences-france.org/wp-content/uploads/2024/06/CSQCES_rapport_RGA_VF-1.pdf

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